Le mot Palestine vient du mot hébreu P’lishtim (פְּלִשְׁתִּים), « Philistins ». Les Israélites ne désignaient ainsi que la partie occidentale et maritime du pays, mais, à partir du Ve siècle av. n. è., les Grecs commencèrent à appeler ainsi tout le pays. Nous rencontrons pour la première fois ce mot sous sa forme grecque, Παλαιστίνη, chez Hérodote (Hist.I.105:1) Hérodote (Ἡρόδοτος) (vers 484-vers 424 av. n. è.) était un historien grec originaire d’Halicarnasse, le « père de l’histoire », auteur de l’Histoire conservée en neuf livres. . Les Romains, arrivés plus tard dans cette région au Ier siècle av. n. è., conservèrent ce nom : Palaestina.

Dans l’Ancien Testament, il est souvent question de Canaan, ou plus exactement de Kena’an (כְּנַעַן) : c’est ainsi que l’on appelait dans l’Antiquité le territoire de la Palestine, de la Syrie Du grec Syria (Συρία). Les Hébreux appelaient ce pays Aram (אֲרָם), « supérieur », c’est-à-dire « pays d’en haut ». et de la Phénicie Du grec Phoinikè (Φοινίκη). Les Hébreux appelaient habituellement ce pays Kena’an, « marchand ». .

La Palestine s’étend le long du littoral méditerranéen, depuis les contreforts du Liban au nord jusqu’au désert d’Arabie au sud. Par sa position particulière, elle se trouvait au point de rencontre de puissantes monarchies. Les routes des marchands et des guerriers, terrestres comme maritimes, passaient aux frontières de la Palestine. Elle touchait aux trois parties du monde d’alors : l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Au IVe millénaire av. n. è., les habitants de Palestine s’établissaient sur les rives des fleuves et dans les vallées ; mais, au IIIe millénaire, la situation changea, car l’Égypte Égypte vient du nom du roi mythique d’Égypte, fils de Bélos, petit-fils de Poséidon et frère de Danaos : Aigyptos (Αἴγυπτος), ou Égyptos. Les Hébreux appelaient ce pays Mitsrayim (מִצְרַיִם), « les noirs ». commença à commercer avec la Syrie et la Palestine, tout en les menaçant d’invasion militaire. La population gagna les hauteurs et entreprit de construire des forteresses et des remparts défensifs. En outre, au IIIe millénaire, des tribus sémitiques commencèrent à faire des incursions en Palestine, refoulant la population locale vers les régions montagneuses.

À partir du XXe siècle av. n. è., de nouvelles tribus apparurent en Palestine, en Syrie et en Mésopotamie Du grec Mesopotamia (Μεσοποταμία), « située entre les fleuves », c’est-à-dire le pays entre le Tigre et l’Euphrate. Les Hébreux appelaient ce pays Paddan Aram (פַּדַּן אֲרָם) (Gn 25:20) et Aram Naharayim (אֲרַם נַהֲרַיִם) (Gn 24:10 ; Jg 3:8). , notamment les Amorrites, dont la dynastie compta le roi Hammurabi. Au début du XIVe siècle av. n. è., la Palestine fut envahie par des tribus sémitiques, Ammonites, Moabites, Édomites, etc. Cette grande migration de Bédouins nomades ne prit fin qu’au XIe siècle av. n. è.

La Palestine est un immense plateau divisé en deux parties par le lit du Jourdain Grec Iordanès (Ἰορδάνης), du sémitique Yarden (יַרְדֵּן), « celui qui descend ». et encadré par deux chaînes de montagnes. Au nord s’étend la chaîne du Liban Dans la prononciation hébraïque traditionnelle : Levanon (לְבָנוֹן), « blanc ». (3080 m), qui, en descendant vers le sud, devient une région de collines ; vient ensuite la plaine d’Izréel (Esdrelon, Jezréel) (עֵמֶק יִזְרְעֶאל), qui passe aux régions montagneuses de Samarie et de Judée. À l’ouest de la plaine d’Izréel se trouve le mont Carmel Déformation du sémitique Karmel (כּרְמֶל), « fertile ». (546 m), au sud-est les monts Guilboa, dans les montagnes de Samarie le sommet Garizim Déformation du sémitique Gerizim (גְּרִזִים) (Jg 9:7), « étendus » ou « taillés ». (880 m), et dans celles de Judée les hauteurs de Jérusalem.

À l’est du Liban s’étend le plateau de l’Anti-Liban, dont le sommet est le mont Hermon, ou Ermon Déformation du sémitique Hermon (חֶרְמוֹן), « voué par interdit ». (2800 m), couvert de neiges éternelles. Plus au sud se trouve le plateau de Basan, ou plus exactement Bashan (בָּשָׁן), suivi du plateau de Galaad Gil’ad (גִּלְעָד), « rocheux ». , qui borde les montagnes de Moab Moab (מוֹאָב), « issu du père ». .

Le principal fleuve de Palestine est le Jourdain. Il prend sa source près du mont Hermon, traverse le lac marécageux de Mérom, ou lac Samachonite, puis le lac de Gennésareth, et se jette dans la mer Morte, ou lac Asphaltite. La longueur du Jourdain est de 252 km, pour une largeur de 20 à 25 m et une profondeur estivale de 2 à 5 m.

Parmi les deux lacs traversés par le Jourdain, le lac de Gennésareth La prononciation du nom de ce lac varie : ΧΕΝΝΕΡΕΘ (Jos 12:3, ex Sept.), ΧΕΝΕΡΩΘ (Jos 13:27, ex Sept.), ΓΕΝΝΗΣΑΡΕΤ (Mt 14:34). La lecture exacte semble être Kinneret (כִּנֶּרֶת) (Nb 34:11 ; Dt 3:17 ; Jos 13:27). Voir aussi : Burkitt F. C. The Syriac Forms of New Testament Proper Names. (From the Proceedings of the British Academy, vol. 5.) London: British Academy, 1912. P. 8, 15. , ou mer de Galilée, lac de Tibériade, est particulièrement remarquable. Son nom vient de sa forme de harpe : kinnor (כִּנּוֹר), « harpe ». D’une profondeur pouvant atteindre 48 m, il mesure 21 km de long et 10 km de large. Sur les rives du lac, dont l’eau est claire et douce, poussaient palmiers, figuiers et vignes, de sorte que la région entourant la mer de Galilée frappait par son pittoresque (Jos.BJ.III.10:8).

Basse Galilée
Basse Galilée aujourd’hui

Le Jourdain se jette dans la mer Morte, ou mer Salée, qui atteint 356 m de profondeur, 76 km de long et 15 km de large. Elle est dite morte parce qu’aucune forme de vie n’y apparaît. Aucune eau n’en sort, tandis que les eaux qui s’y déversent s’évaporent constamment, augmentant la concentration de sels minéraux. C’est pourquoi les environs de la mer Morte sont désertiques et stériles. Il s’agit du point terrestre le plus bas de la planète, à 395 m sous le niveau de la mer.

Au tournant de notre ère, la Samarie Le nom hébreu de ce pays est Shomron (שׁמְרוֹן), « gardien » ; l’araméen est Shamrayin (שָׁמְרָיִן) ; l’assyrien, d’après les inscriptions de Téglath-Phalasar III et d’Assurbanipal, est Samirina, d’où vient le grec Σαμαρεία. se trouvait à l’ouest du Jourdain. Ses principales villes étaient Sichem Shekhem (שְׁכֶם), « haut du dos ». , Tirtsa, Silo, Ginéa, Samarie La fondation de la ville est placée en 922 av. n. è. ; elle fut plusieurs fois détruite. Hérode le Grand la reconstruisit et lui donna un nouveau nom en l’honneur de l’empereur Auguste : Sébastè (Σεβαστή) (Jos.AJ.XV.8:5), car le mot grec σεβαστός, « digne d’adoration », traduisait le latin augustus, titre d’Octavien ; le pays conserva toutefois son ancien nom, Samarie. , etc. À l’est du Jourdain se trouvait la Pérée.

Au sud de la Samarie se trouvait la Judée Déformation de l’hébreu Yehudah (יְהוּדָה), « qu’il soit loué ! » ou « louange de Yahvé ». La prononciation araméenne est Yehud (יְהוּד) (Dn 6:14, ex Bibl. hebr. = Dn 6:13) ; la grecque, Ioudaia (Ἰουδαία). , dont la ville principale était Jérusalem. La Bible mentionne aussi Bethléem Déformation de l’hébreu Beth Lehem (בֵּית־לֶחֶם) (Jg 17:7 ; Rt 1:1), « maison du pain ». C’est de là que vient le grec Bethleem (Βηθλέεμ). de Juda, ou Bethléem-Éphrata, où naquit le roi David (1 S 17:12 ; 20:6). Au sud de la Judée se trouvait Édom (אֱדוֹם), ou Idumée. Au nord de la Samarie s’étendait la Galilée, avec les villes de Nazareth, Capharnaüm, Magdala, Sepphoris, Tibériade, etc.